Quoi de neuf ?

Appartenance : soigner par défaire le pouvoir que les médecins se sont donné.es ?

April 21, 2022 Season 3 Episode 6
Quoi de neuf ?
Appartenance : soigner par défaire le pouvoir que les médecins se sont donné.es ?
Show Notes Transcript

Dans cet épisode,  Laura Bisaillon, membre du CREFO, rencontre Baijayanta Mukhopadhyay, médecin de famille.

Monsieur Baijayanta Mukhopadhyay est médecin de famille. Il travaille auprès des peuples Eeyou Inou (Cris) des territoires d’Eeyou Istchee (autour de la Baie-James dans le nord du Québec) et des individus vivant sans-papiers et sans-abris à Montréal. Il est enseignant clinique de médecine familiale à l’Université McGill et en parallèle, il s’implique autour des droits d’accès pour personnes migrantes aux services publics et des retombées de l’extraction des ressources premières. Il est l’auteur du livre A Labour of Liberation (Travail de libération) (2016) publié en anglais chez les Presses Changing Suns (Saskatchewan). Son livre sur la politique des maladies infectieuses dans l’Île de la Tortue (le nord-est du continent américain) est à paraître en anglais chez les Presses Fernwood (Manitoba).  

Joey [00:00:00] Dans cette troisième saison, Laura Bisaillon, membre du CREFO et ses invités discuteront du thème de la production et de la diffusion des connaissances sur les mobilités, les francophonies, la minorisation, le corps et l'État dans ces divers contextes du monde. Dans cet épisode, elle rencontre le médecin de famille Baijayanta Mukhopadhyay.

Baijayanta [00:00:22] Un système de santé qui est fondé sur les assurances, ça fournit des services à des personnes qui sont assurées et on a choisi comme pays de ne pas assurer des gens pour beaucoup de raisons. 

Joey [00:00:35] Bienvenue à quoi de neuf!

Laura [00:00:51] Aujourd'hui, j'ai le grand plaisir d'accueillir un ami, un collègue de longue date, le médecin Baijayanta Mukhopadhyay. Baijayanta est médecin de famille. Il travaille auprès des peuples Eeyou Inou ou Cris des territoires d'Eeyou Istchee autour de la Baie-James, dans le Nord du Québec et les individus vivant sans papiers et sans abri à Montréal. Il est enseignant clinique de médecine familiale à l'Université McGill et en parallèle, il s'implique autour des droits d'accès pour personnes migrantes au service public et des retombées de l'extraction des ressources premières. Il est l'auteur du livre Travail de libération, qui a été publié en 2016 chez Changing Suns Press de la Saskatchewan en anglais. Et son livre sur la politique des maladies infectieuses dans l'Île de la Tortue, c'est-à-dire le Nord-Est du continent américain, est à paraître prochainement chez Fernwood, en Nouvelle-Écosse, également en anglais. Alors de nouveau, sois le bienvenu, docteur Baijayanta.

Baijayanta [00:02:03] Merci Laura, merci beaucoup. 

Laura [00:02:04] À la base, tu es polyglotte, tu parles l'anglais, le bangla et le français. Tu as tout un parcours linguistique intéressant et j'aimerais qu'on parle un peu en long et en large de ton parcours linguistique. Comment se fait-il que tu es trilingue? Et voilà. 

Baijayanta [00:02:25] Mais merci pour cette question, Laura. Alors la première langue que j'avais appris à l'enfance c'était bien sûr le bangla, mes parents parlaient toujours cette langue à la maison. Mais très subitement, parce que même à la maternelle moi j'avais commencé l'école en anglais et très subitement, ma première langue s'est transformée en anglais. Alors j'ai commencé à rêver en anglais, je pensais en anglais. On parlait toujours un mélange de deux langues à la maison, principalement le bangla mais aussi l'anglais. Mais ce jour-ci, à l'âge adulte, moi je suis devenu un peu plus rigide sur les questions du bangla parce que je ne veux pas qu'on perde la beauté de la langue. Et comme il est très, très répandu en Inde actuellement, les langues indiennes, avec la mondialisation, c'est souvent les jeunes, même les pas si jeunes, mélangent les deux langues dans une même phrase alors c'est très courant d'avoir des phrases qui ne sont ni anglais, ni langue indienne. Alors à la maison, maintenant, nous avons une règle entre mes parents et moi, si on ne peut pas compléter une phrase dans une langue, on ne commence pas dans cette langue et on essaie vraiment de garder...j'aime pas le mot « pureté », mais la base de la langue bengali parce que c'est une langue avec une très riche histoire. Même ma grand-mère paternelle, qui était très, très éduquée, mais qui n'a jamais appris l'anglais lorsqu'elle parlait, elle a pu s'exprimer sur le monde moderne, elle a pu parler de nos temps sans avoir recours aux mots anglais. Alors je crois que c'est possible de garder la langue. Bien sûr, les langues changent, se transforment, mais je crois que c'est possible de continuer de garder la sagesse et la beauté et les connaissances qui est dans chaque langue. On pourrait garder ça même au 21e siècle qui est très, très anglophone peut-être. Le français est venu dans ma vie beaucoup plus tard, j'avais commencé d'apprendre le français, moi j'avais grandi au Moyen-Orient, mais j'ai été éduqué dans un système britannique. Alors l'anglais était la langue, la première langue et le français est devenu la deuxième langue, je dirais à l'âge de 10 ans. Au début, c'était juste un sujet à l'école. Ce n'était pas une langue très vivante. On est arrivé à Montréal, j'avais presque 17 ans et là, la langue, moi j'avais déjà une base de grammaire et j'avais un vocabulaire qui était déjà présent. Mais la langue est devenue, même si j'avais commencé mes études en anglais à Montréal, la langue est vite devenue une langue beaucoup plus vivante, plus riche, avec un contexte plus spécifique. Alors, je pense souvent, le français est devenu comme...moi j'ai pu m'approprier la langue française. Je pense souvent à l'anglais en Inde. On peut dire maintenant que l'anglais est une langue indienne. Il y a des livres, il y a des écrivains en Inde qui écrivent en anglais. Il y a des chaînes à la télé qui sont anglophones. C'est vraiment presque un dialecte indien de l'anglais. Et ce modèle m'a vraiment frappé parce que Paris n'est plus la plus grande ville francophone au monde. C'est vraiment Kinshasa. Montréal n'est plus la deuxième plus grande ville francophone au monde après Kinshasa, c'est Paris, et puis c'est Abidjan et ensuite c'est Montréal. Alors moi j'avais travaillé en Afrique occidentale en 2019. Et là, ça m'a vraiment frappé comme le français était une de nos langues de l'avenir, presque. C'était une langue qui était vraiment racisée, c'était une langue qui était vraiment à la peau foncée. Alors moi, j'ai pu me dire avec fierté que oui, je m'approprie la langue française, c'est plus une langue européenne, mais c'est une langue qui pourrait m'appartenir aussi. Alors, c'est avec une très grande fierté que je parle français maintenant et surtout en Amérique du Nord, où il y a une histoire de répression contre la langue française aussi et que ça a continué d'exister. C'est une langue qui est très, très présente dans ma vie et dans ma vie autour de moi alors je suis très fier de parler le français ici et aussi je trouve qu'il y a.…ça mène à l'avenir, c'est plus...comment pourrais-je dire ça...c'est plus une langue qui est axée sur Paris disons. Moi, je trouve que c'est plutôt une langue qui est axée vers les villes de l'avenir, comme Casablanca ou Abidjan ou Kinshasa, alors c'est ça. 

Laura [00:07:42] Très bien, très bien, très intéressant, très intéressant comme cheminement et les réflexions politiques, sociolinguistiques. C'est très intéressant et constats sûrement quand tu étais à Abidjan ou ailleurs en Afrique de l'Ouest, tu entendais d'ailleurs le français au pluriel, avec ses accents, ses tournures de phrases, la richesse avec laquelle les Africains de l'Ouest de la zone CFA comme on peut dire, ce sont des francophones très talentueux au niveau du parler français, de son écrit aussi, la prononciation, les tournures de phrases. Je partage cet enthousiasme avec toi Baij ayant vécu moi-même en Afrique de l'Ouest. Donc, j'apprécie beaucoup ces réflexions-là et ça fait le pont avec le Canada bien sûr, avec ces grosses populations africaines, antillaises aussi, haïtiennes en particulier à Montréal, par exemple, qui ajoutent à notre langue française et au parler. Donc, nous allons ensuite aborder toi, en tant que médecin, on se connait...ça commence à faire long là, maintenant, depuis des années qu'on se connaît, on s'est rencontrés à Montréal justement en 2006, si je me trompe, alors que je travaillais dans le domaine du VIH et que tu entamais une formation en médecine parce que tu étais au préalable, tu avais fait une formation aux États-Unis en sociologie et ensuite, tu t'es orienté vers la médecine. Et depuis cette époque, je n’ai pas cessé à suivre ton cheminement de médecin et d'écrivain. Alors, si j'ai bien compris, tu as choisi judicieusement ta carrière de médecin de famille, en particulier de médecin de famille, je dis bien et dans l'ensemble, tu es content de cette décision. Est-ce que j'ai raison de dire ça, de ton choix de carrière? Médecin de famille? 

Baijayanta [00:09:43] Oui, oui, tout à fait. J'étais entré en médecine avec l'idée que c'était vraiment de la médecine familiale...c'était la médecine de famille qui m'attirait à la médecine, une pratique généraliste, surtout pour les raisons politiques, parce que je trouvais qu'avoir une approche plus réaliste peut lester à la médecine, à la guérison, c'était important dans notre monde, de plus en plus atomisé et spécialisé. Et c'était une approche généraliste qui pourrait faire le lien entre divers problématiques dans la vie d'une personne. Et pendant ma formation, c'est très, très séduisant, la formation de médecine, lorsque j'ai fait la pédiatrie, moi, je me suis dit « oh mais je vais être pédiatre! » Et pendant la chirurgie, moi je me suis dit, « ah je veux être chirurgien! » Et tout était si intéressant qu'à la fin moi je me suis dit, « ah bon, mais c'est vraiment une approche généraliste que je préfère parce que tout est très intéressant ». Ça rimait aussi avec mes orientations politiques aussi, et parce que je voulais vraiment être utile dans les contextes où il n'y avait pas l'accès facile à la médecine aussi. Alors, vraiment l'approche généraliste, c'était qui était plus important pour moi et je crois que j'avais raison parce que je crois ce que j'ai appris, c'était vraiment l'adaptabilité. Je suis capable de m'adapter au contexte clinique où je me trouve. Je n'ai pas toujours la réponse définitive à toutes questions, mais j'ai toujours une réponse. C'est possible que ça ne me dérange pas si c'est un bébé de 2 jours ou c'est une dame de 99 ans, soit un problème psychiatrique, soit un problème gynécologique. Ma formation m'a permis d'avoir une approche, une capacité d'avoir un traitement de première ligne, disons. C'est souvent ce qu'on a besoin dans des contextes avec peu de ressources. Et aussi, je trouve ce qui...je dirais que la première chose que j'aime sur la médecine de famille, qu'on apprend tous les jours, à chaque moment, c'est quelque chose qu'on apprend, c'est pas, c'est jamais la routine. C'est surtout dans les contextes éloignés où je travaille, il y a toujours quelque chose de nouveau. Moi, je dois toujours lire pour comprendre ce qui se passe devant moi, de mieux comprendre ce qui arrive à mes patients. Alors, cette stimulation clinique et intellectuelle, la stimulation, même technique, comment faire mon travail, j'aime bien ça. Et souvent, je dois avoir une réponse dans cette...dans la contrainte de peu de ressources. Et ça, c'est vraiment très, très engageant. Ça m'intrigue et ça m'intéresse toujours. 

Laura [00:12:46] Parce que tu viens de dire, à quelques reprises tu viens d'employer ce mot politique, l'arrimage entre la médecine de famille, donc tu es praticien car un choix judicieux, donc délibérément un médecin de famille. Donc tu as choisi en même temps le métier et les populations et les régions dans lesquelles, auprès de qui tu travailles et des régions qui sont éloignées, qui sont de nature particulière. C'est des caractéristiques, c'est des contextes très particuliers. Est-ce que tu pourrais nous situer dans ces univers, dans ces milieux, en passant par les problématiques qui sont...En fait les personnes que tu côtoies, mais les problématiques qui sont présents aussi bien dans le Grand Nord où tu travailles, dans le Nord du Québec, dans les quartiers peut-être du Centre Sud, si je me trompe, de Montréal et par extension également parce que c'est des contextes qui sont particuliers. Et tu as choisi de façon très délibérée d'œuvrer auprès de personnes qui sont dans ce milieu. 

Baijayanta [00:13:56] Oui, je crois l'arrimage politique dont tu parles, je crois pour moi, c'est une volonté ou un désir de porter témoin, de faire un peu de témoignage, surtout au Nord où, je crois, il y a la confrontation très réelle. C'est la frontière de la colonisation canadienne, en fait. C'est là où on trouve les questions. Pour moi, les questions les plus fondamentales de ce pays, c'est un pays colonisateur et les questions de la médecine, les questions de la santé, c'est jamais juste des questions de la santé et c'est vraiment le fruit d'un contexte social et politique qui donne des résultats en santé. Alors pour moi, être médecin dans ce contexte, lorsque je vois les problèmes de santé qui arrivent aux gens, c'est vraiment de porter témoin à ce qui se passe sur le niveau social et politique. Moi, je travaille dans la Baie-James du côté québécois, mais je travaille aussi aux Territoires au nord de l'Ontario aussi à Sioux Lookout, à Timmins aussi. Et je vois l'impact de la perte d'accès aux terres, la perte de la structure familiale et communautaire et l'impact qu'on vit pendant des décennies ou des générations après cette perte totale. Mais ce n'est pas une perte totale. Il y a beaucoup de choses qui a survécu à la colonisation aussi, mais les dommages, les plaies qu'on voit jusqu'à maintenant dans les communautés, oui, il faut les soigner, mais il faut aussi rappeler aux gens que ces plaies existent. Alors, je crois que c'est ça qui m'a vraiment attiré à faire ce travail aussi. Et ce n'est pas juste au Nord, comme tu as dit. Moi, je travaille aussi avec la population sans papiers à Montréal ou sans-abris. Et c'est toujours cette confrontation avec les vies de gens sur le terrain et la volonté d'une politique ou une autre politique qui est aveugle aux besoins des gens les plus démunis. C'est ça, je crois, et moi, j'ai la responsabilité de soigner là, mais aussi de témoigner tout ce qui se passe à ce niveau-là. Alors cet arrimage dont tu parles, je crois que c'est ça, c'est le témoignage avec les soins. 

Laura [00:16:44] Alors en tant que témoin, puisqu'on se connait, je sais que tu t'impliques beaucoup dans différents terrains, on parlait là du Grand Nord et de différents quartiers à Montréal, auprès de certaines populations bien particulières, tu as aussi travaillé en Afrique et tu t'investis de façon mondiale, transversale. Donc, tu te vois comme témoin, mais tu agis aussi, tu agis bon sur les corps, mais tu agis sur le social, si je peux dire. Quelles sont tes activités d'activiste parce que tu es médecin activiste, tu agis dans beaucoup de campagnes. Tu pourrais aussi nous parler de ton rôle de médecin, de soignant dans ces campagnes, auprès de tes collègues. 

Baijayanta [00:17:31] Mais il y a....au fil des années, j'ai fait beaucoup, beaucoup de choses. Ces derniers mois, je travaille surtout sur les questions de...comment on pourrait dire...de santé environnementale, mais je crois que c'est beaucoup plus large que ça. C'est vraiment une question de notre façon de vivre. Ce n'est pas juste une question de l'environnement, ce qui pourrait être si on parle de santé environnementale, ça pourrait devenir très facilement une question très, très technique. Mais c'est vraiment une orientation beaucoup plus politique. 

Laura [00:18:02] Existentielle dans le fond, existentielle sur le plan environnemental qui touche l'être humain oui, bien sûr, mais ça touche à terme, son ensemble. 

Baijayanta [00:18:12] Oui c'est ça. Alors, je fais partie depuis très longtemps du Mouvement populaire pour la santé, qui est un réseau mondial de militants et militantes pour la justice en santé et on avait abordé la question de l'extractivisme comme modèle économique et les conséquences néfastes sur la santé de ce modèle. Et ce n'était pas une question très populaire au début au sein du mouvement, mais avec le temps, avec un peu de travail très ardu, on a pu arriver à un moment où le mouvement a compris que le modèle économique qu'on a utilisé pour baser même nos droits sociaux, on demande pour un système de santé accessible que le modèle économique qu'on utilise pour ça, c'est vraiment...ça cause de la peine, ça cause des maladies, ça cause du tort à l'environnement, aux animaux, aux arbres. Et alors cette question est comme tu dis, c'est en fait fondamental et existentiel, alors ce qu'on a pu faire dernièrement en parallèle avec la COP 26 en Écosse au mois de novembre, on a organisé une assemblée populaire sur la santé. C'était une assemblée virtuelle à cause de la pandémie bien sûr, mais aussi, ça nous a facilité la participation à travers le monde. Et on a invité des militants et militantes sur le terrain en Indonésie, au Kenya, en Équateur et un peu partout au monde, de venir nous parler de ce qu'ils ou elles vivent sur le terrain, les impacts sur leur santé des projets miniers, des projets forestiers juste pour nous rappeler que ce n'est pas juste une question théorique dont on parle, c'est vraiment une question qui est vécue. C'est du vécu qu'on parle. Il y a des gens qui doivent confronter des conséquences dans leur vie quotidienne. Et c'était un événement qui était très, très émouvant. Ça m'a beaucoup ému en fait, et ça nous a aussi, je crois, si on vise le long terme, ça nous a permis de commencer à bâtir une plus grande communauté, une collectivité de militants et militantes qui ne se connaissaient pas vraiment avant, mais qui a pu commencer de tisser des liens, de commencer de se connaître. Et on va avoir une réunion cette semaine, en fait, pour penser à ce qu'on va faire. Est-ce qu'on va faire une deuxième assemblée à la prochaine COP 27 qui aura lieu en Égypte cette année. Ou est-ce qu'on va avoir d'autres projets avec cette communauté de gens qui sont devenus des amis en fait maintenant. Alors c'est ça, moi je travaille sur cette question depuis très longtemps, mais d'autres questions comme tu as...je crois que tu avais dit au début, moi j'ai travaillé sur la question de l'accès au système de la santé pour les migrants. J'avais travaillé sur la question du VIH, toutes sortes de questions. Pour moi, ce n'est pas vraiment le thème, le sujet en particulier qui est important, c'est vraiment le principe. Et le principe pour moi, c'est...je ne sais pas s'il y a juste un mot, mais c'est plutôt un sentiment que tout le monde a le droit à un sentiment d'appartenance. Peut-être la justice, peut-être la justice, mais aussi une question d'appartenance que tout le monde a droit d'être...d'avoir un sentiment d'appartenance, d'être là, de participer à une communauté ou à une société. Peut-être la justice, peut-être l'équité. Mais il y a quelque chose seulement devient un peu plus abstrait pour moi et c'est vraiment quelque chose un peu plus relationnel, je dirais. C'est vraiment le rapport entre personnes que...je crois que c'est ça que j'aimerais voir. 

Laura [00:22:29] Une chose que j'apprécie chez toi, Baij, c'est ton humanisme. Évidemment, tu es médecin, tu es écrivain et dans ce que tu écris, dans tes écrits, tes idées, il me semble, tournent autour de l'appartenance dont tu viens de... moi, j'ai dit justice, tu me...c'est pas par correction, mais tu as peut-être apporté une nuance à dire pas justice mais appartenance. Donc, ça sous-entend un travail collectif, un travail coopératif, un travail de pairs, un travail de projets communs. Je vois là revenir un peu à ta carrière d'écrivain. Les idées dont tu exprimes sur papier et qui sont là, traduites sur papier, qui sont publiées dans plusieurs essais jusque-là. Tu as même été finaliste au niveau national canadien pour un essai The Brother, si je me trompe l'année dernière, alors félicitations pour ça. Mais ton premier livre que j'ai moi-même évalué, j'ai fait une synthèse dans la publication Medical Anthropology Theory, il s'agit de ton livre Travail de libération, A Labor of Liberation en anglais. Et dans ce livre-là, tu portes une critique particulièrement pimentée de l'organisation sociale, de la médecine et donc du travail du docteur dans son habilité de faire du doctoring comme soignant à l'époque actuelle. Ce livre-là, est-ce que tu l'as destiné pour un grand public, il s'adresse à qui en fait? Et quelles sont ses idées ancrantes? Est-ce que tu pourrais nous décrire un peu de quoi tu parles dans ton livre? 

Baijayanta [00:24:25] Mais je ne l'ai pas lu dernièrement alors c'est un peu flou dans ma mémoire ce que j'ai dit dans le livre. Mais je crois que c'était destiné, peut-être c'était destiné pour un grand public parce que j'ai la tendance à raconter des histoires, alors vraiment ancrer les idées théoriques dans ce que j'ai vécu, peut-être même le livre c'est un petit peu de la thérapie, pour moi, c'est un peu de psychothérapie parce que je voulais peut-être mieux comprendre ce que je voyais devant moi en soins de santé, dans le système de santé. Peut-être c'était destiné à un grand public, mais je crois qu'il y a eu beaucoup de personnes qui me parlent de ce livre sont vraiment des jeunes médecins, des médecins en formation. Alors je crois que c'est elles ou eux qui ont vraiment...parce que je crois que c'était moi j'essayais de résoudre certaines tensions, des questions que je voyais au sein du système de santé, que je crois que c'est une résonnance assez particulière pour des personnes qui sont déjà impliquées dans les soins de santé. Et l'idée, c'est la médecine actuelle, ce n'est pas la seule façon de soigner ou d'offrir la guérison aux autres. C'est l'expression d'un contexte social et politique très, très, très particulier et historique c'est...il y a un contexte historique qui nous a donné la médecine actuelle et ce n'est pas la seule façon de faire et je crois qu'il faut avoir une imagination. Il faut pouvoir imaginer d'autres façons de faire ça ici parce que oui, c'est un travail qui est...j'adore le travail que je fais, mais c'est le produit d'un système qui a été dominé par les hommes, les hommes blancs, les hommes blancs impérialistes et il y a beaucoup de choses qu'on a pu apprendre, mais il y a beaucoup de choses à rejeter aussi, beaucoup de choses. Alors c'est pour ça que je voulais entamer ces réflexions, ouvrir la possibilité d'imaginer d'autres choses. Alors, je crois que c'est pour ça que j'ai écrit ce texte, c'est un texte très personnel, c'était surtout pour moi pour pouvoir dire que ah oui, il y a d'autres possibilités. Mais je crois qu'il y a beaucoup d'autres médecins... les jeunes médecins ces jours-ci sont incroyables, ils sont très, très, très, très au courant de tout ce qui se passe au monde...beaucoup plus profond que moi j'avais à leur stade de formation. Alors je crois que c'est le jeune médecin qui lit ce travail beaucoup ces jours-ci. 

Laura [00:27:30] Et c'est un peu le pont que je fais entre ce que tu fais comme médecin et activiste, parce que oui, tu travailles dans les hôpitaux, tu travailles aussi dans les rues, mais tu travailles bon dans différentes régions, différents contextes quand même avec ton activisme. C'est le pont que je fais avec ce que je fais, quoi. C'est l'éducation, c'est l'éducation populaire, le contexte du podcast c'est quand même l'Institut pédagogique de l'Ontario. Et tu donnes un modèle assez inspirant d'éducation populaire finalement, qui peut très bien se traduire, qui peut être écouté. Bon, on parle de ton livre, de Travail de libération. C'est un récit, c'est un essai très court, ça peut être lu, je pense, par un médecin et je suis heureuse de savoir que la jeune génération de médecins prend en main ton livre et ils ont des bonnes capacités comme tu dis mais je pense que c'est un livre qui, de par tes actions, c'est un genre de modèle. Je pense que éducateurs et apprentis en éducation peuvent aussi apprendre de toi, de ton travail de médecin et d'écrivain, d'où vient l'intérêt de te recevoir dans la série podcast dans un institut de recherche voué à l'éducation, finalement? 

Baijayanta [00:28:49] Oui, oui, je n'avais pas pensé à ça, mais oui, je crois que tu as raison. C'est vraiment une autre façon de faire de l'éducation populaire. 

Laura [00:28:59] Oui, tout à fait. Et puis, j'allais dire la preuve, mais tu as déjà été conférencier dans mes salles de cours à Scarborough donc mes élèves ont déjà bénéficié de toi en tant que conférencier, en tant qu'invité dans les salles de cours vouées à la santé. Donc ils ont déjà pu t'écouter, tu leur as aussi lancés des défis verbalement tout ça. Donc, à travers cet ouvrage Travail de libération, tu remets en question le rôle de la contrainte et de l'extraction dans le travail de santé et tu plaides en faveur d'un avenir libérateur d'où vient le titre Travail de libération pour les soignants. Alors quelles sont les conclusions que tu en tires et qu'est-ce qu'on devrait en tirer nous aussi, comme lecteurs, notamment pour les politiques et les pratiques dans le domaine de la santé au Canada. Dans tous ces espaces, dans le Nord et dans le Sud, on se situe actuellement dans le sud, on s'entend. 

Baijayanta [00:30:12] Tu sais, je crois que ma réponse a beaucoup changé. Donc le livre est apparu en 2016 et ça fait maintenant six ans. Et je crois que ma réponse a peut-être changé. J'avais jamais une réponse très facile à c'est quoi un avenir libérateur? C'est quoi? Ça a l'air de quoi? Et je crois qu'aujourd'hui, c'est encore une question. Une réponse assez floue. Mais la chose qui est...la tension principale où je crois qu'il faut travailler comme profession, je parle surtout de la profession médicale, je ne parle pas des infirmiers ou d'autres professions, mais c'est vraiment une question de pouvoir et le principe de la déontologie professionnelle. Alors en général, il y a quatre grands principes éthiques au sein de la médecine. C'est la justice, l'autonomie, la non-malfaisance, je crois, la bienveillance, je crois. Je ne sais pas le mot en français. Et pour moi, je crois que comme médecin, il faut...moi, personnellement, dans ma pratique, moi, je choisis souvent la primauté, le principe le plus important pour moi, c'est l'autonomie que moi, je n'ai pas le pouvoir sur le corps. Je n'ai pas du pouvoir pour décider ce qui va arriver à un autre corps qui appartient à quelqu'un d'autre. Et ce questionnement du pouvoir professionnel, pour moi, c'est l'acte principal pour fonder un avenir plus libérateur au sein des soins de guérison. Ça a l'air très abstrait dans cette conversation, mais c'est vraiment quelque chose qu'on vit dans chaque jour le travail clinique. Cette nécessité de nous débarrasser de ce pouvoir de...mais c'est un pouvoir historique, c'est un pouvoir qui nous a été, que nous, nous avons hérité ou nous avons reçu de générations précédentes de professionnels, mais vraiment de nous débarrasser de cette autorité que nous nous sommes donné en fait, et que de reconnaître qu'on n'a pas toujours la bonne réponse. Il y a toujours des questions, il faut toujours questionner ce qu'on a appris même dans les processus scientifiques. Et il faut toujours avoir un peu d'humilité dans nos décisions cliniques, dans les décisions quotidiennes, et c'est très difficile de trouver cet équilibre dans un système qui est fondé sur le pouvoir des médecins, où il y a une attente des médecins d'avoir autorité morale et professionnelle et technique aussi, et le partage de ce pouvoir ça devient de plus en plus possible, ça devient de moins en moins choquant, mais il y a des contextes encore à ce jour où ce n'est pas quelque chose qui est accueilli avec une très grande ouverture d'esprit. Oui, c'est ça alors je dirais l'avenir libérateur, je pourrais...je sais pour moi, comme médecin, c'est vraiment de défaire cette autorité par professionnel de médecin, de vraiment démocratiser le pouvoir et les connaissances des soins et de la guérison. 

Laura [00:33:55] Oui, c'est en fait, c'est le message que je retiens de ce livre et c'est l'espoir de ton livre. Finalement, tu n'as pas de réponses à tous ces enjeux-là, à toutes ces questions-là. Mais ce que tu nous fais voir, c'est que le savoir expert ne possède ni toutes les questions, ni, en conséquence, toutes les réponses. Mais ton souhait, c'est qu'on apprend aux gens ou bien que nous, les gens apprennent à se soigner, apprennent à prendre soin de chacun et de tous. 

Baijayanta [00:34:30] Mais je ne veux pas dire que c'est une approche individualiste. C'est en fait une approche beaucoup plus collective. Moi, je ne demanderais pas à une personne malade de se soigner. Je dirais que c'est à une communauté de soutenir, puis de répondre aux besoins des personnes qui sont malades parmi nous. Alors, c'est une démocratisation plus collective parce que je ne veux pas dire que si on est malade, il ne faut jamais demander de l'aide. Il faut qu'on sache comment se soigner nous-mêmes. C'est vraiment une approche beaucoup plus collective que nous, nous avons une pratique, une philosophie et une approche communautaire qui n'est pas basée ou qui ne se trouve pas dans les structures hiérarchiques comme les hôpitaux et les facultés de médecine. C'est une sagesse qui nous appartient à nous, la sagesse de la guérison comme des collectivités, comme des communautés. 

Laura [00:35:32] Très bien, très bien. Il y a quelques années, tu as écrit un texte qui a été publié à ma souvenance en anglais, en réponse à un concours de la CBC, de la Société Radio-Canada et tu t'exprimais en tant que médecin expérimenté dans plusieurs contextes du Canada. Tu contestais la perspective que notre système de soins est universel, s'applique à tous et à toutes et est universel. Tu pourrais peut-être nous en parler un peu. 

Baijayanta [00:36:05] Oui, ça, c'était pour une série sur l'anniversaire, le 150e anniversaire de la Confédération et j'avais une amie qui était rédactrice à ce moment-là à Radio-Canada anglais et qui m'avait invité d'écrire ce texte-là. Et je voulais juste défaire la mythologie peut-être nationale, que nous avons un système de santé universel. Nous avons un système d'assurance public qui est soi-disant universel, mais vraiment un système de santé qui est fondé sur les assurances, ça fournit des services à des personnes qui sont assurées et on a choisi comme pays de ne pas assurer des gens pour beaucoup de raisons, surtout ces jours-ci sur le statut migratoire. Alors, je crois que c'est carrément faux de dire que c'est un système universel. Oui, on a un système d'assurance public qui est quasi universel, mais ce n'est pas tout à fait universel. Je crois qu'il faut contester cette description ou cette perspective sur notre système de santé parce que si on ne dit pas la vérité, on n'aurait pas la chance d'améliorer l'accès en soins de santé. Il faut dire la vérité. Il faut dire que non, on n'est pas universel. On pourrait, mais seulement si on admet qu'il y a beaucoup de personnes qui ne sont pas couvertes encore. 

Laura [00:37:41] Très bien. Et donc, nous arrivons vers la fin de notre entretien et j'aimerais mettre l'emphase sur ton projet en cours, un projet qui tire presque à la fin. Depuis un certain nombre d'années, tu étudies la production et la diffusion, ainsi que les représentations et les effets durables des maladies infectieuses dans le Nord-Est du continent américain, là où on se situe maintenant, c'est-à-dire l'Île de la Tortue. Et tu travailles assidument pour terminer les épreuves d'un livre à ce sujet. Est-ce que tu pourrais nous en dire davantage sur son contenu et aussi sa forme? Comme tu es écrivain, tu portes un intérêt particulier à la forme de tes publications, ainsi que ben écoute, tu publies dans les presses populaires pour une diffusion plus étendue et étanche, je pense. Tu pourrais peut-être nous parler de ton travail de terrain, si tu as travaillé dans les archives ou si tu as une autre approche méthodologique. C'est quoi les grandes lignes de ton livre qui sera attendu chez les presses Fernwood en Nouvelle-Écosse?

Baijayanta [00:39:01] Oui, alors depuis, moi j'avais commencé, j'ai senti souvent l'obligation de déclarer avant que j'avais commencé ce projet, avant la pandémie de la COVID 19, mais en 2019, j'avais commencé de parler à ma maison d'édition, à mon ami qui travaille à la maison d'édition Fernwood. Il y a 2 sièges de Fernwood, il y en a un à Winnipeg et puis un en Nouvelle-Écosse et elle travaille à Winnipeg. Moi, j'avais fait un diplôme de médecine tropicale à Londres en 2017 et on avait parlé de la syphilis à ce moment-là, qui n'est pas forcément une maladie tropicale, mais qui est très, très connue, répandue dans les régions tropicales du monde, mais s'était répandue partout au monde. Et moi, j'étais fasciné par la question que la syphilis était connue comme la maladie infectieuse qui voyageait à contre-sens parce que l'histoire de l'arrivée de la variole aux Amériques avec la colonisation européenne. Mais la syphilis, c'était censé être à l'envers. C'était quelque chose qui était en Guinée, envoyé en Europe. Et cette histoire m'a beaucoup fasciné. Alors j'avais commencé de monter une œuvre, je n'avais pas une idée de fond, mais du livre sur la syphilis. Mais je voulais aussi avoir un contraste. Alors j'avais la syphilis, je parlais un peu de la variole et aussi de la tuberculose. Alors, le projet du livre c'est en fait en anglais, il s'appelle Country of Poxes, ça veut dire un peu un pays de la variole, un pays de varioles. Et je voulais parler de l'histoire, la colonisation, surtout des Amériques. Mais ça a des liens avec la colonisation un peu partout au monde. Le lien entre la colonisation et les maladies infectieuses, surtout la syphilis, la variole et la tuberculose. Je crois c'est devenu beaucoup plus pertinent avec la COVID 19 parce que la COVID 19, comme travailleur de la santé, c'est toujours une époque assez particulière et exigeante. Mais ça m'a rassuré aussi de faire ce travail pendant ces années-là parce que je vois que ce n'est pas la première fois. C'est rassurant, mais aussi pas rassurant, parce que c'est toujours la même question, on n'a pas vraiment avancé sur des questions de base. Il y a toujours des questions : Qui a accès à quoi? Qui a le droit de se protéger contre les maladies? Qui n'a pas ce droit? Qui est toujours le plus vulnérable à l'exposition aux maladies? Toutes ces questions qu'on a vécues très, très, très, d'une façon très réelle et actuelle, oui, c'est ça ces deux dernières années, mais ce sont des questions qui sont éternelles presque. Alors ça m'a rassuré. Mais ça m'a aussi donné un peu d'espoir parce qu'on a pu trouver des réponses. Ce n'est pas des réponses permanentes parce qu'on voit qu'il y a une remontée de la syphilis dans le monde actuellement. Mais pour des décennies, on avait un contrôle, un quasi-contrôle sur cette maladie. En 2020, on a vu une montée des décès à l'échelle mondiale liée à la tuberculose. Mais ça, c'était vraiment lié à l'interruption des services de santé liés à la COVID 19 mais pendant un bon bout de temps, on voyait que les résultats en tuberculeuse a commencé de s'améliorer au niveau mondial aussi. Et la variole, comme vous le savez, c'était on n'a plus la variole, c'était éradiqué. Alors moi je trouve ça pourrait être un peu décevant et déprimant de voir que ces questions sont éternelles, on n’a jamais la bonne réponse. Mais il y a aussi...ça m'a donné un peu d'espoir qu'avec la patience, avec une perspective axée sur la justice, on pourrait trouver des réponses pour protéger la vie de tout le monde. Alors c'est ça, je crois. J'espère que ça va être un livre qui est accessible au grand public. J'avais écrit ça avec cette intention, mais on verra. On verra comment...si le livre sera reçu comme ça. 

Laura [00:43:35] Et est-ce que là-dedans tu partages des récits parce que c'est un point fort dans ton écriture, dans la façon dont tu écris, c'est que tu partages ton quotidien en tant que médecin. Mais tu fais ressortir des personnages défunts, c'est ça des personnages qui ont existé, des vrais personnages, des vraies vies comme illustration. Dans ce livre, il y a une présence des êtres humains qui étaient affectés, il y a des communautés et tout ça. Est-ce que... 

Baijayanta [00:44:05] Oui, oui. Il y a beaucoup d'histoires personnelles liées à ma famille, en Inde, par exemple, mais aussi des histoires qui ont eu lieu ici au territoire, en Amérique du Nord. J'avais fait...tu m'avais posé la question comment est-ce que j'ai fait mes recherches, tout ça. J'avais commencé des recherches dans les archives, mais la COVID 19 en fait a interrompu beaucoup de ces recherches. J'ai pu faire partie de ça par le biais de l'internet, mais ce n'était pas à 100 % possible. En fait, le confinement avait commencé le 12 mars et j'étais à Paris. Je suis revenu à Montréal de Paris je crois le 10 mars 2020 parce que j'avais passé un peu de temps à Paris dans la Bibliothèque interuniversitaire de la santé à Paris pour faire des recherches surtout sur la syphilis à ce moment-là. Alors j'avais commencé à faire quelques études ou des recherches sur les archives, mais je n'ai pas pu compléter ça. J'avais l'intention de faire ça beaucoup plus systématiquement mais en fait ce n'était pas possible avec la pandémie, alors c'est ça. 

Laura [00:45:17] Et très bien. Donc, on l'attend vivement ce livre. Tu peux répéter le titre en anglais et puis on regardera attentivement pour sa sortie.

Baijayanta [00:45:26] Oui, il s'appelle Country of Poxes et c'est censé apparaître en octobre 2022. 

Laura [00:45:35] Félicitations! Alors, Baij, docteur Baij, je te remercie du fond de mon cœur, tout vivement pour ce bel échange. Franchement, je te remercie. J'ai bien apprécié.

Baijayanta [00:45:46] Merci de m'avoir invité, Laura. Merci beaucoup. J'apprécie beaucoup notre amitié et j'apprécie surtout la gentillesse et la générosité de ton appui depuis des années maintenant. Alors je t'apprécie fortement, merci. 

Laura [00:46:02] Merci Baij! Alors, à la prochaine. On se dit au revoir et puis à la prochaine!

Baijayanta [00:46:07] Oui, au revoir et à la prochaine. 

Joey [00:46:10] Vous avez aimé cet épisode? Faites-nous part de vos commentaires sur les réseaux sociaux ou par courriel à crefo.oise@utoronto.ca.